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Aujourd’hui, l’Académie des Oscars adore se donner une image progressiste, distribuant les discours engagés chronométrés entre deux pages de publicité. Mais si vous voulez voir le vrai visage d’Hollywood face à la contestation, il faut remonter au 27 mars 1973.
Ce soir-là, Marlon Brando est le roi absolu. Il vient de redéfinir le cinéma américain avec son rôle de Vito Corleone dans Le Parrain. Quand son nom résonne pour l’Oscar du Meilleur Acteur, l’assemblée s’attend à le voir débarquer en smoking. À la place, c’est Sacheen Littlefeather, une militante amérindienne en robe traditionnelle apache, qui monte sur scène. D’un geste élégant, elle repousse la statuette que lui tend Roger Moore.
Elle prend le micro et utilise son temps de parole, non pas pour remercier des agents ou des producteurs, mais pour dénoncer le traitement stéréotypé et dégradant des Amérindiens par l’industrie cinématographique, et pour alerter sur le siège de Wounded Knee qui se déroule au même moment.
C’est là que le masque d’Hollywood tombe. La prétendue « élite libérale » commence à la huer. La réalité en coulisses est encore plus sombre : l’icône du western John Wayne, ivre de rage, doit être retenu physiquement par la sécurité pour ne pas monter sur scène l’agresser. Quelques minutes plus tard, Clint Eastwood fera même une blague sarcastique à son sujet en remettant le prix suivant.
C’est le sabotage parfait. Brando a retourné le système contre lui-même en utilisant son immense privilège pour forcer les caméras du monde entier à regarder une femme que le cinéma s’évertuait à effacer. La panique de l’Académie fut telle qu’ils ont immédiatement interdit l’acceptation de prix par procuration les années suivantes.
Dites-nous : quel est selon vous l’acteur ou le réalisateur qui a vraiment mis sa carrière en jeu pour ses idées ?