Description
Il y a des disques qui donnent envie de partir sans prévenir.
Fine Anyway de Rogér Fakhr fait exactement ça : une guitare douce, une voix calme, une lumière de fin d’après-midi, et cette sensation très précise d’être sur une route vers la mer avec un chagrin proprement plié dans la boîte à gants.
Sauf que l’histoire derrière le disque est moins carte postale.
Dans les années 70, Rogér Fakhr écrit et enregistre à Beyrouth, au moment où la scène musicale libanaise est en train de se faire couper en plein élan. La guerre arrive, les lieux ferment, les musiciens s’exilent, les projets restent suspendus.
Fakhr passe par Paris, joue dans le métro, revient au Liban, repart encore.
Sa musique continue, mais sans le monde stable qui aurait pu la porter.
Alors Fine Anyway circule presque comme un objet intime : environ 200 cassettes copiées à la main, avec des pochettes dessinées par lui-même. Un disque solaire, folk, jazz, soul, un peu psychédélique, mais condamné à rester dans les valises, les salons, les souvenirs et quelques cercles de musiciens.
Pendant des décennies, il devient presque invisible.
Puis Habibi Funk le réédite en 2021.
Et là, quelque chose de très beau se passe : un été libanais qu’on croyait perdu recommence à exister dans les écouteurs de gens qui n’y étaient même pas.
C’est peut-être pour ça que le disque touche autant.
Il ne sonne pas comme une archive poussiéreuse.
Il sonne comme une plage qu’on a ratée, une terrasse qu’on aurait aimée, une jeunesse interrompue qui continue quand même à sourire doucement.
Très pratique, donc, pour conduire vers la mer en se sentant à la fois libre, nostalgique et légèrement plus profond que prévu.
Accès Direct :
Œuvre : Fine Anyway
Artiste : Rogér Fakhr
Pays / période : Liban, années 70
Réédition : Habibi Funk, 2021
Écouter le disque via le lien en bio.
Crédits :
Musique : Rogér Fakhr
Réédition : Habibi Funk Records
Images : archives Rogér Fakhr / Habibi Funk / D.R.