Description
À Capri, Curzio Malaparte ne voulait pas une maison discrète.
Il voulait une maison qui lui ressemble.
Ce qui, chez Malaparte, veut dire : isolée, rouge, théâtrale, posée sur une falaise, difficile à atteindre, et probablement incapable de faire une entrée normale dans une pièce.
Le projet commence avec Adalberto Libera, figure du rationalisme italien. Mais très vite, la villa devient autre chose qu’une commande classique. Malaparte intervient, modifie, impose sa vision, travaille avec le maçon local Adolfo Amitrano, et transforme l’architecture en autoportrait.
Résultat : un bloc rouge sur Punta Massullo, à Capri.
Une maison qui ne se cache pas dans le paysage.
Elle le défie.
L’escalier extérieur est presque une provocation. Il ne vous mène pas gentiment vers une porte. Il vous fait monter sur le toit, comme si la maison avait décidé que le vrai salon, c’était le ciel.
Et puis il y a Le Mépris.
En 1963, Jean-Luc Godard filme Casa Malaparte avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli. La terrasse devient décor de désir, de distance, de malaise très bien cadré. La maison ne joue pas le fond de scène. Elle vole presque le film.
C’est peut-être ça, la force de Casa Malaparte :
elle n’a jamais vraiment voulu être confortable.
Elle voulait être vue.
Elle voulait tenir tête à la mer.
Elle voulait transformer un écrivain en architecture.
Très modeste, donc.
Accès Direct :
Œuvre : Casa Malaparte
Lieu : Capri, Italie
Architecture : Adalberto Libera / Curzio Malaparte
Période : 1937–1942
Découvrir le lieu via le lien en bio.
Crédits :
Architecture : Adalberto Libera, Curzio Malaparte, Adolfo Amitrano
Images : Casa Malaparte / Le Mépris, Jean-Luc Godard, 1963 / D.R.