Description
Le système médical pensait avoir détruit une femme fragile. Il a en fait créé la plus grande légende littéraire de Milan.
Dans l'Italie des années 70, la poésie est souvent une affaire d'intellectuels bien rangés dans de beaux salons bourgeois. Alda Merini, elle, dérange. Trop intense, trop passionnée, trop libre. La solution de l'époque pour la faire taire ? L'internement psychiatrique. Elle passe presque dix ans dans l'enfer des asiles, subissant des électrochocs pour "guérir" sa prétendue folie. L'industrie littéraire l'avait déjà enterrée.
Sauf qu'elle ne craque pas. Quand elle sort enfin, elle s'enferme dans son petit appartement du quartier des Navigli et envoie balader toutes les conventions. Elle jette le papier et les stylos de cet establishment qui l'a rejetée. Sa revanche, elle l'écrit directement sur les murs et les miroirs de sa chambre.
Elle utilise son propre rouge à lèvres pour tracer des poèmes d'une sensualité et d'une fureur absolues, transformant sa douleur en un chef-d'œuvre viscéral : La Terra Santa.
L'ironie ultime de l'histoire ? Celle que la société a voulu cacher loin des regards a fini par rafler le Prix Librex Montale (le Goncourt de la poésie en Italie) et a été nominée à plusieurs reprises au Prix Nobel.
Et à sa mort, la ville de Milan — celle-là même qui l'avait laissée pourrir en asile — a dû dépenser une fortune pour découper ses murs couverts de rouge à lèvres et les préserver dans un musée comme des œuvres d'art inestimables. La rébellion s'est transformée en patrimoine.
Accès Direct :
• Œuvre : La Terra Santa
• Artiste : Alda Merini
• Localisation : Milan, Italie (1984)
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