Description
Eve’s Hollywood ne naît pas seulement d’une fille brillante qui raconte Los Angeles.
Il naît d’un conflit de style.
Au début des années 70, Eve Babitz a déjà tout ce qu’il faut pour devenir une légende secondaire dans la vie des autres : les artistes, les rock stars, les musées, les plages, les voitures, les amants célèbres, les fêtes, les piscines, les après-midis trop chauds.
En gros, un excellent décor pour finir en muse.
Sauf que Babitz veut écrire.
Joan Didion l’aide d’abord à passer de la vie sociale à la littérature : elle fait circuler son texte “The Sheik”, qui paraît dans Rolling Stone en 1972. C’est le début sérieux de Babitz écrivaine.
Puis les choses deviennent plus intéressantes.
Didion et John Gregory Dunne se retrouvent à éditer le manuscrit de Eve’s Hollywood. Et là, deux Californies s’affrontent.
D’un côté : Didion, la précision, le scalpel, la phrase froide, la catastrophe parfaitement cadrée.
De l’autre : Babitz, le soleil, le désordre, les corps, les hôtels, les voitures, les fêtes, les digressions, les souvenirs qui arrivent comme des gens en retard à un dîner.
Didion veut resserrer.
Babitz veut laisser vivre.
Et c’est exactement ça, l’anecdote.
Parce que Eve’s Hollywood aurait pu devenir un livre plus propre, plus contrôlé, plus “littéraire” au sens respectable du terme. Babitz en fait autre chose : une lettre d’amour désordonnée à Los Angeles, pleine de noms, de chaleur, d’ego, de mémoire, de sexe, de grâce et de mauvaise foi sublime.
Elle ne raconte pas Hollywood comme une observatrice extérieure.
Elle l’écrit depuis l’intérieur de la fête.
Et surtout, elle refuse qu’on range cette fête pour elle.
La muse reprend le stylo.
Puis elle garde le désordre.
Très mauvaise élève.
Très grande écrivaine.
Accès Direct :
Œuvre : Eve’s Hollywood
Autrice : Eve Babitz
Pays / année : États-Unis, 1974
Lire le livre via le lien en bio.
Crédits :
Texte : Eve Babitz, Eve’s Hollywood
Images : archives Eve Babitz / Los Angeles / D.R.
Photo Duchamp / Babitz : Julian Wasser, 1963.